Il devient urgent de repenser la manière de créer de la valeur et la performance au sein de l'entreprise. Pour cela, rien de plus efficace que de regarder les modèles qui fonctionnent et notamment celui de Google est une source d'inspiration intéressante. Garry Hamel en fait une présentation synthétique mais concrète dans son ouvrage "La fin du management" - inventer les règles de demain.
Au coeur de cette nouvelle approche se trouve le Modèle 70/20/10 dont les concepteurs sont Morgan McCall, Robert W. Eichinger et Michael M. Lombardo du "Center for Creative Leadership" de l’Université de Princeton.
Cette stratégie dans l’utilisation du temps implique chacun des acteurs et laisse place à l’initiative personnelle :
- 70 % du temps est consacré aux activités "cœur de métier" et ils s’inscrivent dans une démarche de pilotage par objectifs avec des points réguliers.
- 20 % du temps est consacré à des projets collectifs qui sont à l’initiative des intéressés et sur lesquels volontairement il n’y a pas d’obligation de résultats.
- 10 % du temps repose sur l’investissement nécessaire au développement personnel et à l’acquisition nécessaire de nouvelles compétences.
Evidemment, ce modèle n’est pas transposable partout mais il illustre ce qui permet à une telle entreprise de concilier l’efficacité économique et la mobilisation des acteurs. Nul n’est obligé de se fondre dans un collectif impersonnel puisqu’il est à l’origine, pour une partie significative, de son temps de sa propre valeur ajoutée dans l’organisation.
La règle du 20 % a plusieurs conséquences importantes :
- Elle évite que la pression du court terme absorbe la totalité de l’énergie et puisse ainsi tarir la capacité d’innovation de l’entreprise
- Elle conforte le principe que l’innovation est l’affaire de tous et non de quelques spécialistes
- Elle évite que les meilleurs éléments quittent l’entreprise pour accomplir ailleurs ce qui répond à leurs aspirations
- Elle officialise évidemment le fait que le management privilégie la confiance puisqu’une partie du temps ne fait l’objet d’aucun contrôle.
En effet, l’entreprise estime que le coût d’une éventuelle supervision sur ce budget temps présenterait plus de désagréments que de réelles utilités. Le pari de la confiance ne semble pas avoir été une démarche néfaste à l’entreprise.
