Une polémique est lancée depuis quelques temps... sur la prétendue existence de la génération Y et sa récupération médiatique.
Prenant appui sur la réalité du terrain, il me paraissait inutile de devoir prendre part à ce débat dont la réponse semblait tellement évidente.
En effet, les faits montrent que les jeunes recrues rencontrent majoritairement des difficultés à trouver leur place dans l'entreprise et que cette situation se traduit par un accroissement du turn-over, une montée en puissance de l'absentéisme de courte durée, des litiges plus fréquents... et au bout de quelques mois un déficit de performance. Ils montrent aussi que leur implication s'avère une vraie réussite dans des entreprises conviviales et réactives dans lesquelles ils parviennent à donner du sens à leur travail.
Un tel constat me semblait suffisant à expliquer que, dans un contexte difficile, les entreprises
avaient nécessairement besoin de considérer l'intégration des jeunes comme une vraie priorité. Voilà, pourquoi il m'a semblé utile de comprendre les arguments de ceux qui nient aujourd'hui le fait générationnel et considèrent cette "génération Y" comme une problématique inventée pour répondre à un effet de mode ou à des intérêts spécutatifs.
Une première catégorie d'experts combattent le fait générationnel car ils estiment que le mal est culurellement plus profond. Les difficultés vécues par nos jeunes recrues seraient assez largement partagées par les autres générations. les jeunes osant dire tout haut ce que d'autres plus dociles préfèrent garder pour eux. Le problème de fond étant le manque de confiance dans l'entreprise et dans l'avenir.
Ces mêmes experts retiennent que l'individualisme des jeunes devient un vrai problème pour le développement de nos entreprises. Comment créer une cohésion sociale avec des personnes plus soucieuses de leurs droits que de leurs devoirs. Intéressant de constater que cette volonté de banaliser le phénomène Y finit par soulever de vrais problèmes. C'est faire fi alors de tout ce que apporter aujourd'hui cette jeunesse à nos entreprises au regard des transformations en cours...
D'autres spécialistes critiquent cette stigmatisation des jeunes estimant que l'on pourrait ainsi développer des conflits et ouvrir la boîte de pandore. Ils sont eux mêmes concurrencés par les positions d'autres confrères plus rassurants sur l'avenir. Dorénavant, les jeunes rentrent plus vite dans l'adolescence mais arrivent plus tardivement dans l'âge adulte. Il suffit donc d'être patient et de leur laisser le temps de grandir... afin d'acquérir vers 30 ans la maturité qui va leur permettre de trouver enfin leur place dans la société.
Permettez moi de considérer cette dernière position comme injurieuse pour ces jeunes dont il serait trop simple de croire qu'ils vivent dans un monde virtuel et qu'ils ne sont, en définitive, que des enfants gâtés.
Ces propos alimentent la confusion mais ils montrent plus que jamais que la question générationnelle est au coeur du débat. Toutefois, l'enjeu nécessite que celui-ci soit d'une autre tenue que celui que nous observons actuellement. En l'occurence, nous aimerions que ces jeunes soient un peu plus écoutés car nous avons un peu trop pris l'habitude de parler à leur place.
Ces propos génèrent de la cacophonie et présentent un risque mortel pour l'entreprise : celui de considérer que ces jeunes ne soit qu'un problème, voire un pseudo-problème... alors qu'ils sont une vraie chance pour faire face aux défis actuels. Encore faut-il que l'on accepte de considérer leur intégration comme le premier challenge à relever !!!!