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16 avril 2011

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Voici les sites qui parlent de Face au péril jeune :

Commentaires

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GUILLAUME QUINTIN

Bonjour Daniel,

Vous avez raison: Il n'est pas acceptable d'être fataliste devant cette situation... Ni aucune autre d'ailleurs!
Votre billet m'amène à plusieurs réflexions:
1) Quelle est la source? Je veux dire la source du problème.
2) Quelle(s) solution(s) y-a-t-il?
3) Comment les met-on en oeuvre?

Au point numéro un, mon analyse m'amène à la réponse suivante:
Notre système scolaire et éducatif en général est COMPLETEMENT inadapté! Inadapté à son public: nos enfants, et inadapté à la réalité du marché du travail.
Un exemple: nos gouvernants découvrent seulement maintenant(!!!) qu'une des clés de succès de l'industrie allemande (tous secteurs confondus) tient dans le dynamisme de leurs filières d'apprentissage: 1 600 000 jeunes en apprentissage en Allemagne contre 450000 en filière "en alternance" en France. Le taux d'emploi chez les 15/24 ans est de 46,2% en Allemagne contre 31,4% en France (chiffres INSEE 2009) soit 50% de plus!!!
La différence? Nos politiques veulent que nos enfants aient le BAC (peut importe ce qu'il y a dedans, hein!) tandis qu'en Allemagne ils sont formés à un métier.
On pourrait gloser longtemps sur l'Éducation Nationale, dont il semble que le seul et unique but soit de s'occuper des profs, tandis que nous, pauvres parents, aurions la faiblesse de croire qu'elle est chargée d'instruire nos enfants.
Encore un point où le bât blesse: l'E.N. est une machine à fabriquer de l'échec, et en masse! Il suffit d'avoir vécu l'orientation en fin de troisième d'un adolescent qui ne "rentre pas dans le moule" pour s'"en apercevoir!

Point 2: Les solutions:
-Tout d'abord revoir le système éducatif de fond en comble, et dès le primaire: quand on pense qu'à l'entrée en 6ème, certains ne maîtrisent ni la lecture, ni l'écriture, ni le calcul, il y a vraiment de quoi se poser des questions!!! La suppression des "notes" dans le secondaire est une urgence! elle contribue à instaurer et développer chez les "moins bons" une déplorable image d'eux mêmes, chez des collégiens où la période (l'adolescence et sa poussée d'hormones) est particulièrement sensible sur ce point! Quand les profs n'en rajoutent pas à travers des appréciations qui frisent l'indécence.
-Ensuite, développer et orienter les élèves sur l'analyse et la prise en compte de leurs talents naturels, et de leurs envies, et non, comme c'est le cas actuellement sur la base du constat d'échec/succès à la fin du collège.
Comment peut-on faire d'un gamin un "apprenti" heureux si on l'oriente dans cette voie sur le constat suivant: "t'es une brêle, tu vas faire du technique"???
-Augmenter les moyens de l'E.N. ? Peut-être... Plus surement, s'assurer de dépenser l'argent avec efficience. Et, s'il en faut plus, en mettre plus! Cessez de nommer de jeunes profs à peine sortis de l'école dans les zones sensibles et au contraire, y mettre les vieux briscards à qui "on ne la fait pas" (je sais c'est un peu facile). Également mieux sélectionner et mieux former les candidats au professorat: la sécurité de l'emploi NE DOIT PAS ETRE la motivation! Elle devrait d'ailleurs ne pas être assurée! Un commercial qui n'a pas de résultats perd son job: un prof ne devrait pas pouvoir garder son job si sa classe part en vrille!
-Rétablir le Service National: Voilà un truc bien "réac"! mais à y regarder de plus près, ça offre plein d'avantages: l'obligation pour les 18/26 ans, de donner une année à la collectivité leur permet de se rencontrer, permet le mélange des cultures, permet d'apprendre à se connaître. Et donc diminue le sentiment de crainte/peur que d'aucuns se plaisent en ce moment à raviver ou à faire naître(notre Président, notre ministre de l'intérieur en tête).
Il ne s'agirait pas forcément d'un service militaire, quoique pour certains, se frotter à cette forme d'autorité pourrait être salutaire. Un service civil pourrait également être utile, pour créer du lien: Les plus "doués" sur le plan des études pourraient apporter du soutien scolaire aux gamins dont les parents travaillent, les autres apporter des repas aux "vieux" ou surveiller les trains de banlieues, en tout cas oeuvrer à tout ce qui peut "créer du lien".
Ce pourrait être aussi l'occasion de leur expliquer ce que signifie "LIBERTE, EGALITE, FRATERNITE" et ce que ça implique de droits et de devoirs... Un petit rappel des valeurs communes me semble opportun!
-Autre solution: la gestion des jeunes et des seniors dans l'entreprise: Il faudrait rendre obligatoire, à deux ans de la retraite, que chaque "senior" prenne un jeune en mentorat. Il y a un double effet "KissCool": transmission du savoir faire et des compétences, pour l'entreprise, et renforcement du sentiment d'utilité et "d'employabilité" pour le futur retraité. Quant au jeune, ça lui donne une chance supplémentaire d'apprendre son nouveau métier dans les meilleures conditions, et donc d'être opérationnel plus vite; c'est tout bénéfice pour tout le monde. Et ça marche! Je l'ai pratiqué!

Point 3: La mise en oeuvre: Il va de soi qu'elle ne tient pas seulement à la volonté de nos politiques. En revanche je crois très sincèrement que rien ne se fera de bon, en la matière, si on ne change pas RADICALEMENT de système et de système de valeurs au plus haut sommet de l'État.
Sarko 1er l'a clairement affiché: sa seule valeur c'est le fric: "Travailler plus POUR GAGNER PLUS"... Gagner de l'argent devient une finalité! Pas étonnant que notre société se barre en sucette!
Il faut remettre l'Homme au centre du système.
Ensuite, inciter les Entreprises à embaucher les jeunes, diplômés ou pas. Un bon moyen serait de rendre OBLIGATOIRE la rémunération des stages en entreprise: ça éviterait de trouver des milliers de "stagiaires" qui en réalité occupe des "vrais" jobs, sans être payés.
Un moyen pour ça serait, par exemple, de rendre les taux de cotisations sociales proportionnels à l'âge du salarié, et non plus au statut (Ouvrier/A.M./Cadre) même s'il pourrait continuer à participer à la modularité. Ça revêtirait une certaine logique dans le sens où un jeune de 18 ou 25 ans coûte moins en prestations sociales diverses qu'un de 30 ans (jeune parent) ou qu'un plus âgé qui commence à avoir plus souvent recours au toubib par exemple.

Dans tous les cas, la solutions passe par un changement de paradigme: une société plus tournée vers l'Autre, plus généreuse, plus "incluante", plus Humaniste est une urgence.

Daniel Ollivier

Merci pour cette réponse riche et documentée. Une analyse rapide montre bien que c'est toute la chaîne qu'il s'agit de revoir et que celle-ci prend forme au sein de la famille et dans la formation initiale. L'emploi en général est mis en avant par les politiques mais ceux-ci manquent cruellement de vision globale. La lecture du petit livre de Joel de Rosnay "le macroscope" devrait être imposé dès le plus jeune âge. Votre conclusion correspond bien à ce que je pense. Il n'y aura pas d'autres alternatives que de prendre conscience de l'urgence d'ouvrir une nouvelle ère : celle de la responsabilité sociétale...
Dans le contexte actuel l'avenir de nos enfants est intimement lié à celle de la planète. Et là, l'attention portée à l'autre pourrait utilement remettre en cause les fondements de notre idéologie consumériste.

Patrick3394

En effet le commentaire est plus long que l'article d'origine et aurait sans doute pu faire l'objet d'un post à part. Je partage, pour l'essentiel, les constats et les solutions. Je pense en effet que les fondamentaux ne sont plus fournis aux jeunes et qu'ils risquent d'en payer les pots cassés pendant longtemps. Déjà, depuis de nombreuses années, je vois les dégâts de l'orthographe ou plus profonds encore de l'expression orale et écrite de ses idées, avec une partie de la génération Y et même de la précédente.

Naturellement, on va nous dire que ce sont des points de vue de vieux cons (moi surtout !), sauf que la génération Y rend maintenant responsable les baby-boomers de l'héritage négatif dans lequel elle va essayer de faire son trou : environnement, dette, économie mondialisée, etc.

Pour prolonger la réflexion, et susciter l'échange et les commentaires :

- J'avais commenté, sur Le Post, un dossier passionnant du Nouvel Economiste (oct 2009) intitulé "Recalé", à propos du "service final rendu par l’Education nationale". Ne le retrouvant pas sur lepost.fr, je l'ai re-publié, en espérant que le modérateur ne le jette pas : http://www.lepost.fr/article/2011/04/17/2468938_le-service-public-de-l-education-ne-rend-pas-le-service-pour-lequel-on-le-paye.html

- Plus récemment, sur un de mes blogs, le commentaire d'un article du Monde, intitulé "les jeunes sont mal partis" : http://patrick3394.posterous.com/les-jeunes-sont-mal-partis

- Sur un autre blog : http://consultantsautonomes.com/2010/09/les-croyances-changent-et-se-recyclent-avec-les-generations/

- Et enfin, l'interview vidéo de Louis Chauvel par David Abiker : http://portageaquitaine.com/2011/01/la-chair-a-chomage-sur-le-front-de-lemploi/

Chantal Buhagar

Un modeste (et révolté) témoignage après cette lecture intéressante (billet+commentaires) : actuellement, j'accompagne plusieurs jeunes au chômage, et tente d'analyser avec eux les prétendus entretiens auxquels ils se rendent :
- alors qu'ils n'ont pas ou très peu d'expérience professionnelle, on insiste pour qu'ils présentent un CV bien rempli... le sacro-saint CV, vide forcément, qd on est jeune et inexpérimenté ! Ns voilà délayant à souhait, un job d'été à la plonge du restau de bord de mer, le ramassage des pommes, le babby sitting su samedi soir et la distribution de prospectus ds les boites aux lettres : belles expériences à mettre en littérature !
- en entretien, Quentin s'entend dire qu'il est "trop nonchalant"... et Brice, "qu'il est négatif" : : quelles évaluations objectives et pertinentes ! ça, c'est leur donner la pêche aux jeunes ! Après analyse avec eux, je repère à quel point, les années passées à trainer d'intérims ratés en refus divers, ils sont ts 2, paralysés par l'angoisse de "ne pas y arriver" : le monde du travail leur fait de + en + peur ; ils se blindent et tiennent des propos on ne peut défensifs...
- ça se corse encore plus, qd le type de la boite d'intérims leur demande de parler de leur motivation pour un CDD de... manutentionnaire en gde surface ! C'est sûr, il y aurait des pages et des pages à écrire pour l'indispensable lettre de motivation ! A Brice, ça lui parait évident de répondre "Ben, j'ai besoin de gagner de l'argent, quoi !"... et vs voulez que je vs dise : pour ce CDD, c'est la réponse la plus pertinente que je connaisse !
- mieux encore, ils doivent apprendre à "parler de leurs compétences" : et là, je m'énerve grave ! Non seulement ils n'en n'ont bien sûr pas, mais leur faire croire qu'il suffit d'avoir exercer une activité pour en avoir tiré des compétences, est une trahison épistémologique (je suis vraiment énervée, non ?!) : comment un consultant, un formateur, ou un quelconque pro de l'accompagnement professionnel, pourrait-il trahir ses propres repères et convictions, en leurrant autrui sur la notion même de compétences ?
... et j'en ai plein d'autre du même niveau, comme vs sans doute.
Alors quoi ? Leur apprendre à "jouer le jeu social du faux-self" en se montrant motivé-enthousiaste-dynamique devant n'importe quelle activité et se présenter pour un cdd au smic, comme si on allait postuler pour un poste de Dir commercial ? enjoliver leur CV ? leur mentir moi même ?...
je me sens parfois, autant qu'eux, "prise au piège".

Tiens, ce billet, qui compare le pessimisme des jeunes français et l'enthousiasme des jeunes américains, illustre à sa façon mon propos
http://www.slate.fr/story/36863/jeunes-france-etats-unis-ambition-pessimisme?wpisrc=sl_ipad/

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